La date exacte de la fondation de l'abbaye n'est pas
connue; divers documents la situe entre 1105 et 1166. Selon toute vraisemblance, une petite
communauté aurait fonctionnée préalablement à l'installation de l'abbaye cistercienne
proprement dite. Il est donc assez probable que l'abbaye ait été fondée entre 1150 et
1152 par l'adhésion à la règle de Citeaux d'une communauté monacale déjà existante.
Quoiqu'il en soit, la première charte des biens, date de 1187.
Sur le plan politique, l'abbaye appartenait au Saint Empire romain germanique, et
ce jusqu'à la fin de la guerre de trente ans. Elle relevait donc de l'autorité
impériale. Après le rattachement partiel de l'alsace à la France, en vertu des clause
du traité de Westphalie de 1648, le monastère devint abbaye royale, l'autorité du roi
de France étant représentée par le bailli de Haguenau.
La première abbesse fut élue en 1153. Elle se nommait Adelheidis de Vechenheim,
et était issue de Kauffenheim. ( Voir l'article de J.P
Stumpf sur l'Abbaye)
Du XIIe au XVe siècle, l'abbaye connue une prospérité
importante, tant sur le plan du rayonnement spirituel que de l'assise matérielle ( le
monastère possédant de nombreux biens foncier, qu'il faisait prospérer d'habile
façon).
L'abbaye accueillait en 1464 vingt cinq moniales d'origines nobles et bourgeoises.
De 1525 à 1700, le monastère n'est pas épargné par les
terribles événements qui touchent l'Alsace (guerre des paysans, luttes religieuses,
guerre de trente ans). Le monastère sera plusieurs fois détruit et reconstruit, chaque
armée passant par là prenant son dû et mettant tout à sac.
Pendant les dernières années du 17e siècle, l'abbaye doit se défendre contre
les empiétement de l'administration royale de France. Ainsi, selon l'historien C.Muller: les
derniers années du 17e siècles sont critiques pour les religieuses en buttes aux
tracasseries royales. Sur le plan économique, la possession de la forêt est contestée.
En 1694, la Maîtrise des Eaux et Forets du roi exploite la forêt à son compte,
défendant non seulement en 1698 au couvent d'utiliser le bois de la forêt, mais encore
vendant publiquement 50 acres pour environ 700 livres. En 1699, nouvelle coupe royale,
malgré les protestations des cisterciennes.
Au XIIIe siècle, l'abbaye connaît un dernier éclat,
grâce à la période de paix qui règne depuis la fin de la guerre de Succession
d'Espagne jusqu'à la Révolution, interrompue une fois par la guerre de succession
d'Autriche.
En 1789, Koenigsbruck compte 32 religieuses sous la conduite de sur Edmonde
de Peyerimhoff, élue abbesse en 1772. Elle sera la 55e et dernière abbesse du monastère
de Koenigsbruck. En 1790, il est dressé un inventaire des biens de l'abbaye. On sait
alors que les revenus s'élevaient à 15000 livres. Il y avait 8 bâtiments, 1097 arpents
de champs, 16 de jardins, 1180 de forets, 257 de prés. Outre les 32 religieuses 20
domestiques libres vivent et travaillent au couvent.
Mort de l'abbaye
Début 1792, les poursuites religieuses s'intensifient. En septembre,
la république est proclamée; c'est le commencement de la terreur. Le 14/09/92, la
convention nationale dissout les communautés religieuses. Les moniales du couvent de K.
se dispersent.
A partir de ce moment, très rapidement, les ventes se succèdent, ainsi que les
pillages et dégradations. Bientôt, il ne reste plus que les bâtiments, en triste état.
Il sont enfin vendus pour 60000 livres le 18 mai 1795 au marchand de vin Valentin Becker
de Roppenheim. Durant les années suivantes, les bâtiments sont démolis et les
matériaux réutilisés à d'autres constructions.
Le plan de l'abbaye en 1740

Cette page à été réalisée grâce à l'article de J.Schmitt dans l'ouvrage: Leutenheim-Koenigsbruck-Kauffenheim, trois lieux chargés d'histoire, édition Coprur.
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